Dépassée
Suis-je la seule à me sentir dépassée ? J'ai l'impression que tout va trop vite autour de moi. Je ne parviens pas encore à comprendre ce que je ressens, à essayer de mettre des mots dessus... La vie suit son cours normal, peut-être trop normal, l'enquête ne cesse d'avancer, les politiques se tirent déjà dans les pattes... On n'a pas encore les noms des victimes que les hommages pleuvent, que les messages d'espoir foisonnent, les mercis aux héros du jour, les félicitations aux forces de l'ordre, ... Je n'en suis pas là, je suis comme anesthésiée, je ne sais pas quelles sont les émotions qui me dominent, mais je sais que j'ai l'impression que ça a eu lieu il y a deux semaines déjà quand je vois comment les choses se passent "pour les autres", alors que je suis encore bloquée au stade "il s'est passé quelque chose ?"... C'est étrange de ne pas trouver les mots pour parler de ça, moi qui maitrise généralement bien l'écrit. Mais quand c'est vide en soi, comment faire sortir quelque chose de sensé ? Je me sens vide, et je ne sais même pas si c'est parce que tous ces évènements ne me touchent pas trop, ou au contraire parce que ça me touche trop. Oh, je vais bien, je continue à vivre, moi aussi, à reprendre ma routine quasi comme si de rien n'était, à rire avec mes proches, etc., et je ne comprends juste rien. Je ne comprends même pas ce qui se passe en moi. Je parle de ces attentats et de ce que j'ai vécu de mon côté, je réponds aux questions des enfants qui me sont confiés, de façon totalement factuelle, je souris aux blagues, souvent d'humour noir, des gens qui me sont proches, je participe aux discussions, parfois d'un hochement de tête ou de quelques mots, mais... Je ne sais pas. Je me sens vide d'émotion, vide d'intérêt, vide de tout. Je ne suis pas déprimée, mais je suis lessivée. Je n'ai pas peur, mais je suis perturbée. Je sais tout, mais je ne réalise rien. À dix minutes près, je ne me poserais pas la moindre question, mais mes proches seraient dans le désarroi, et moi, là, je reste dans un état second, hors du temps que vivent les gens autour de moi, regardant tout cela comme de l'extérieur, sans comprendre tout ce déferlement de témoignages en tous genres, d'émotions contradictoires, de réactions multiples, en trouvant juste que "c'est trop tôt, je suis pas prête". Dépassée je suis.
Tout ce que je dis n'a peut-être pas de sens... Ne vous sentez pas obligés d'essayer de comprendre, je n'en suis pas capable moi-même ;-)
Facebook, une vitrine qui vous ressemble ?
Facebook est une vitrine... Ce que l'on poste en dit long sur soi.
Certains ne maitrisent pas du tout ce média, et donnent à voir des éléments qui sont trop intimes ou qui ne leur correspondent pas ou qu'ils regrettent après ou ...
Et vous, qu'est-ce que votre vitrine dit de vous ?
Essayez... Prennez les pages Facebook de vos proches et essayez de les définir en trois idées.
J'ai, parmi mes contacts, des gens que je qualifierais ainsi :
- engagé, drôle, humaniste
- optimiste, tolérante, joyeuse
- passionné de bd, amateur de vieilles chansons, nostalgique
- maman, impliquée, rouspéteuse
- défenseuse des causes (animale, femmes battues, cancer), combattante contre les idées reçues sur les profs, amatrice de mode
- manque d'idées à soi (partage tout et n'importe quoi), photographe du dimanche, attachée à sa commune
- joyeux luron, prêt à se battre pour ses idées, ne prend pas grand-chose au sérieux
- mère, victime, en quête de reconnaissance et de bonheur
- voyageur, photographe doué, rêveur
...
Facebook n'est que la vitrine de votre magasin intérieur.
Et... On met ce qu'on veut en vitrine ! Maitrisez votre vitrine, choisissez réellement ce que vous voulez que les autres voient de vous. Ne vous laissez pas dépasser par la facilité du réseau social. Soyez plus fort, soyez celui qui décide.
Montrez de vous ce que vous voulez que l'on voie de vous ! Le meilleur... Ou les aspects que vous souhaitez partager.
Pensez que vos proches font pareil. Mais que Facebook n'est qu'une vitrine !
Il ne faut pas oublier qu'il y a autre chose derrière. C'est comme un masque. On montre généralement ce qu'on veut montrer.
S'il serait logique de veiller à être cohérant avec sa vitrine, ce n'est pas toujours le cas... Et parfois, la vitrine présente une part de la personnalité de l'autre, mais en lui-même, il est très différent.
Gardez à l'esprit ceci : une vitrine soigneuse et colorée peut masquer un intérieur bordélique.
Un profil joyeux et optimiste peut cacher un esprit torturé ! Mais ce sont plusieurs facettes d'une même personnalité.
Soyez en adéquation avec votre vitrine. Choisissez-la consciencieusement. Montrez ce que vous voulez que les autres voient.
Et n'oubliez pas de vous dévoiler, parfois, de donner à voir l'intérieur de votre magasin.
Mes trois qualificatifs seraient, je pense : optimiste, s'amuse d'un rien, facilement émerveillée.
Et s'ils me correspondent parfaitement, et si c'est exactement ce que je veux qu'autrui sache de moi, pense de moi, si c'est exactement l'image que je veux qu'on aie, parce que c'est une image qui ne peut qu'apporter du bonheur aux autres, cela cache, assurément, des pensées plus tristes, plus noires, un "pessimisme de l'intelligence" (<3 Antonio Gramsci), que je ne veux pas partager car il ne fait pas avancer le monde, il ne le rend pas plus beau, et car je ne souhaite pas lui donner la parole, je veux l'engloutir sous un flot de pensées positives, quitte parfois à oublier la marche morose du monde qui m'entoure, pour ne savourer que des instants furtifs mais précieux...
Daesh n'est qu'un prétexte
Les attentats de Bruxelles, il se dit que c'est Daesh qui en est la cause. Daesh, son objectif serait partagé par les terroristes qui ont fait exploser leurs bombes à Zaventem et dans le métro... "Peuple belge, quand tu arrêteras d'attaquer nos troupes en Syrie, nous arrêterons de t'attaquer sur ton sol."
Et pourtant.
Daesh, organisation formée de fous prônant la violence, l'usant pour imposer ses idées, me semble tout sauf stupide. On a lavé le cerveau de ses membres, mais il y a, parmi eux, des gens qui croient en cette idéologie, au plus profond d'eux-mêmes. Des gens qui savent ce qu'ils font, qui prennent des décisions. Ces personnes-là, les plus haut placées, elles ne peuvent décemment pas croire que des attentats ici vont les aider là-bas ! Il est plus facile, moins couteux, de se battre sur un seul front et d'avancer petit à petit. Ils ne peuvent pas, malgré leur folie, penser que leurs menaces arrêteront l'action de nos forces militaires en Syrie.
C'est pourquoi je suis convaincue que les attentats sur notre sol ne sont pas réellement "pour Daesh".
Ils sont le fait de partisans de l''état islamique", oui. Des pauvres types manipulés qui, mal dans leur société, prennent le combat pour Daesh comme un prétexte pour se venger contre la Belgique, ce pays qui n'a pas su, selon eux, leur donner une place.
À qui la faute ?
Bien sûr, on peut blâmer les terroristes de Daesh et les recruteurs, ceux qui créent des cellules terroristes ici.
Mais au fond, l'important, c'est comment ces jeunes en sont arrivés là... Comment en sont-ils venus à détester tellement leur pays qu'ils se sont laissés entrainer dans une idéologie folle, qui ne devrait rien avoir à voir avec eux...?
Je suis convaincue qu'on ne devient pas terroriste du jour au lendemain. Les recruteurs n'ont plus qu'une toute petite part du travail à effectuer. Une personne suffisamment bien dans sa vie, dans sa peau, avec des valeurs fondamentales claires, positives, et bien ancrées, ne se laisse pas embobiner ainsi. S'il y a dérapage, c'est parce que toute l'éducation du jeune fait défaut.
Oui, les familles ont leur part de responsabilité. Les enseignants aussi. La société enfin, vous, moi, tout le monde, et les politiciens évidemment.
Daesh ? Un prétexte. Ces jeunes, ils veulent frapper ici. Parce qu'ils n'aiment pas notre monde. Et s'ils ne l'aiment pas, c'est parce qu'il y a des choses qui foirent totalement. Et si ça foire, c'est parce qu'on est responsables, tous autant que nous sommes.
Bruxelles, une société multiculturelle ? Oui, tout à fait... Multiculturelle, ça veut dire que plusieurs cultures y cohabitent.
Bruxelles, une société pluriculturelle ? Non, on en est loin... Pluriculturelle, ça veut dire une culture qui s'inspire de plusieurs cultures.
C'est vers la pluriculturalité qu'on doit aller... Actuellement, plusieurs cultures existent dans notre pays, mais elles restent chacune dans son coin, elles s'évitent, ne se mélangent pas beaucoup, et chacune garde un oeil méfiant sur les autres. Pour que notre société fonctionne, qui faudrait qu'elle soit pluriculturelle, qu'on partage une même culture inspirée de toutes celles présentes chez nous.
Et c'est là que le bât blesse... Derrière nos beaux idéaux, il n'y a que du vent. On met en place plein de choses pour favoriser la multiculturalité, mais rien pour forcer une pluriculturalité. On peut se dire ouvert d'esprit, accepter l'autre tel qu'il est, vouloir d'un monde en paix où Samuel fera son Shabbat, Ismaël ira à la mosquée, Pierre à l'église, et où ça se fera dans le respect et sans jugement. Mais ça ne suffit pas... Il reste un clivage qui ne pardonne pas, qui pousse des gamins à se radicaliser, que ce soit dans ce qu'ils croient être l'islam, dans une autre religion, dans l'extrémisme nationaliste, toutes ces radicalisations sont dues au fait qu'on ne sait pas comment créer la pluriculturalité, qu'on se contente d'accepter vaguement l'autre, sans pour autant le connaitre vraiment, et en le regardant toujours de travers parce qu'il est différent... Les ghettos sont le signe même que la pluriculturalité n'existe pas chez nous. On ne se mêle pas, on reste cloitré entre gens "de même culture", et on amplifie les traditions pour se sentir appartenir à un groupe. Mais on ne se sent pas appartenir à une société, à un pays. Juste à un petit groupe de gens... Alors, certains jeunes chez qui cette identification à un groupe extrême marche trop bien sont radicalisés. Les extrêmismes, quels qu'ils soient, sont une plaie. Et viennent de la méconnaissance des cultures des autres autant que de leur refus.
Moi qui suis institutrice, je me demande : mais comment, comment donc pourrais-je, moi, éduquer mes élèves à la pluriculturalité ?!
Comment y arriver, moi qui n'y ai pas été moi-même réellement confrontée, qui n'y connais rien ?
Je suis preneuse d'idées... Il faut faire changer les choses, et elles peuvent démarrer au sein des écoles...
Tant de sujets...
Les musulmans qui seraient tous des terroristes.
Les réfugiés qu'il faut ou non accueillir.
Le non-engagement pour les causes auxquelles on croit pourtant.
La mort qui pourrait frapper à tout instant.
La maladie qui est plus effrayante que la fin.
Les rêves que l'on voudrait voir réaliser.
L'enfantement qui serait la raison d'être de devenir adulte.
Le sens que l'on donne à sa vie et que je donne à la mienne.
La tristesse ou la colère que l'on ressent soudain sans raison.
Le plaisir dans les activités quotidiennes.
L'amour que l'on porte aux autres, avec ou sans restrictions.
L'implacable pardon que l'on rêve de réussir à donner.
La religion et tout ce qu'elle apporte de bon ou de mauvais.
La stigmatisation pratiquée par ceux-là même qui la décrient.
L'incroyable respect des lois et règles que l'on vit.
La difficulté à faire se rejoindre sentiments et raison.
Les notions de psychologie que l'on maitrise étonnamment.
L'amitié qui perdure malgré les différences qui augmentent.
La nostalgie et les relations, loisirs et priorités qui changent.
L'estime de soi et la sagesse acquise en vieillissant.
...
Tous ces sujets et tant d'autres qui me travaillent.
Mes réflexions que je souhaite partager,
dont j'ai envie de faire profiter les gens autour de moi.
Ce sont les raisons qui m'ont poussée à ouvrir cette page.
...
Le besoin de débattre de certains sujets avec des gens de tous bords, de donner mon avis, lire celui d'autrui, modifier ou argumenter mes opinions, simplement améliorer ma compréhension du monde et, qui sait, donner un peu de matière à réfléchir à ceux qui me liront...
...
N'hésitez pas à commenter.
Mon seul crédo est le respect...
Ainsi, soyez respectueux dans votre façon de partager vos réflexions, vos opinions. Merci.
...
Et maintenant... Par quoi je commence ?!
Lettre au premier ministre (Belgique)
Cher Monsieur Michel,
Par la présente, je souhaite vous exprimer tout mon mécontentement face aux actions politiques actuelles.
Qu'il s'agisse de l'engagement belge dans le conflit syrien, dévastateur en termes de vies civiles innocences, et dont l'impact positif reste franchement à démontrer,
qu'il s'agisse de la quantité de réfugiés accueillis, bien trop faible (et je ne sais ce qu'il en est des réelles dispositions mises en place),
qu'il s'agisse des pourparlers inconscients avec la Turquie, dans sa volonté d'intégrer l'UE ou ses conditions concernant les réfugiés, ce pays dont le système politique n'est pas compatible avec nos démocraties,
qu'il s'agisse de la politique sécuritaire actuelle, où la prévention se borne à l'utilisation de service armé plus imposant, au lieu d'aller au fond du problème qui est le manque d'interculturalité,
et je passerai les autres sujets, pourtant très critiquables aussi, tels que l'enseignement, les SDF, le chômage, ...
La politique de mon pays me désespère.
Elle nous mène à notre perte.
Les musulmans d'ici se sentent de plus en plus rejetés, l'islam étant en permanence pointé du doigt par la force des choses, terrorisme, islamisme et état islamique étant de près ou de loin liés.
Aucun point de rencontre réelle entre cultures ne semble dans les projets gouvernementaux...
Les actions actuelles ne servent qu'à mettre des sparadraps sur des plaies béantes et purulentes ! C'est en profondeur qu'il faut agir !
Autour de moi, les discours se resserrent. La tolérance et le "bénéfice du doute" n'existent plus. Les gens ont peur, peur de l'inconnu, peur du musulman, peur du réfugié. Le racisme s'intensifie.
Quant aux musulmans, leurs discours deviennent aussi plus fermés. Sans arrêt sur la sellette, ils se sentent agressés et se montrent agressifs. C'est ainsi, par ce sentiment de jugement permanent que l'on crée de futurs terroristes !
Mais qui combat cette peur ? Qui fait en sorte que les cultures se connaissent réellement, afin d'enfin pouvoir dialoguer sereinement La guerre frappe en Syrie, sous nos bombes ! Et l'on ne fait rien pour les populations déplacées, et l'on se contente de laisser mourir les civils dans d'atroces souffrances, par nos armes et d'autres, chimiques, dégueulasses (n'est-ce pas interdit ? n'est-il pas temps, là aussi, de s'insurger de façon claire ?!)...
Et on s'étonnera, ensuite, que ces gens aient une haine farouche contre nos sociétés ? On la nourrit, cette haine, par nos bombes !
J'exècre la politique de mon pays qui le mène partout sauf vers un monde meilleur.
Monsieur Michel, chers nombreux ministres, il est temps de changer votre fusil d'épaule... Et même de déposer les armes et de vous mettre à penser avec votre coeur, avec une vision à long terme, et non comme actuellement, avec le sentiment d'agir "bien" et "efficacement", mais avec des oeillères énormes empêchant de voir que le fond du problème, il démarre chez nous. Que des actions, réelles et nombreuses, ici, sont indispensables, pour que chaque individu vivant sur notre sol s'y sente reconnu, accepté, et non stigmatisé. Pour que les cultures cessent de simplement se côtoyer en se tirant dans les pattes, mais qu'elles apprennent à se parler en se respectant. Le travail est important, et il est temps d'agir en ce sens... Pour que nos enfants et leurs enfants puissent entrevoir l'espoir d'un monde plus serein.
Il fallait que je vous le dise.
Je suis Belge et je suis contre les frappes en Syrie.
Je suis Belge et je suis pour un accueil décent d'un nombre de réfugiés nettement plus important qu'actuellement.
Je suis Belge et je fais de mon mieux pour aimer chaque individu qui habite en Belgique, et je veux que chacun se sente aimé réellement.
Je suis Belge et j'aimerais que la société change, qu'elle bouge, qu'elle s'ouvre aux autres.
Je suis Belge et j'ai peur, parce que la peur est omniprésente, peur de l'autre, peur de l'avenir, et que moi, je me sens impuissante.
Je suis Belge et j'ai besoin d'un gouvernement qui prenne les bonnes décisions, parce que lui, il est puissant.
Je suis Belge et je veux que mon pays me rende fière.
Alerte maximale
4 jours d'alerte maximale !
QUATRE PUTAINS DE JOURS !
Quand je disais que ça ne pouvait qu'empirer...
:-(
Pas envie de crier, pas envie de pleurer.
Je suis juste effarée de la tournure des évènements.
Et... désespérée.
Oui, ça doit être LE bon mot.
Équilibre
Entre
mes envies
mes besoins
mes devoirs
mes relations
J'ai parfois
bien du mal
à trouver
un équilibre...
Attentats de Paris
Se taire...
Pour ne pas rentrer dans des débats stériles.
Pour éviter toute parole qui pourrait être mal interprétée.
Pour laisser la place à la tristesse avant que la colère l'emporte.
Se taire.
La vie Ma vie
Les attentats ont changé ma façon de voir tant de choses...
Si vous étiez dans ma tête, vous auriez peur.
Cela se résume en deux phrases :
"J'aime ma vie. Je n'aime pas la vie."
Avec toutes leurs réflexions annexes,
toutes les conséquences qu'elles impliquent.
















